La rotation des cultures au potager

Publié le 19 Novembre 2021

Pourquoi ?

La répétition d’une même plante au même endroit d’année en année engendre une « fatigue du sol » avec non seulement des carences en nutriments mais également un risque accru de maladies et de dégâts causés par les ravageurs. Une rotation annuelle des cultures avec une alternance d’espèces de légumes sur une même parcelle permet d’interrompre leur cycle de développement.

 

Comment ?

La rotation des cultures au potager demande un peu d’organisation. Il faut tout d’abord déterminer les plantes qui seront cultivées puis les séparer en différents groupes. Ensuite il faut établir le plan de rotation.

 

Les groupes de plantes

Chaque groupe reprend des caractéristiques communes aux plantes : les besoins nutritifs, la sensibilité aux maladies et aux ravageurs, la relation aux mauvaises herbes.

  • Plantes groupées selon leurs besoins nutritifs :

Certains légumes ont des racines superficielles, comme les légumes « feuilles » contrairement aux légumes « racines ». Les différents nutriments sont donc puisés à des profondeurs variables dans le sol. Certains légumes sont également de gros consommateurs de nutriments (courges, choux…) tandis que d’autres (radis, oignon…) se satisfont de peu. On définit classiquement 4 types de plantes au potager.

  1. Les légumes « feuilles »
    •  Exigeants en azote : épinard, fenouil, choux, plantes aromatiques annuelles…
    • Peu gourmands en azote : mâche, chou de Bruxelles…
  2. Les légumes « racines »
    • Très peu gourmands en éléments nutritifs : ail, échalote, oignon…
    • Moyennement gourmands en éléments nutritifs : betterave, carotte, panais, pomme de terre, radis…
  3. Les légumes « fruits »
    • Très exigeants en éléments nutritifs : concombre, courgette, potiron, tomate…
  4. Plantes améliorantes et les engrais verts
    • Ne nécessitent pas d’amendements : fèves, pois, haricot, luzerne, sainfoin, moutarde, phacélie…
  • Plantes groupées selon leur sensibilité aux maladies et aux ravageurs :
  1. À la hernie du chou

   Brocoli, chou de Bruxelles, chou de Chine, chou pommé, radis…

  1. Aux nématodes

   Carotte, céleri, oignon, poireau…

  1. Aux verticillioses (maladies causées par des champignons)

   Aubergine, poivron, tomate…

  1. Cultures non sensibles

   Différents types de salades : chicorée, scarole, frisée, pain de sucre, laitue, mâche…

  • Plantes groupées selon leur relation aux mauvaises herbes :
  1. Plantes « salissantes »

   Favorisent le développement des mauvaises herbes : carotte, oignon, épinard…

  1. Plantes « nettoyantes »

   Limitent le développement des adventices : betterave, pomme de terre…

   La pomme de terre peut ainsi être intéressante à cultiver la première année sur un terrain précédemment en friche car elle est un excellent couvre-sol qui étouffe les herbes indésirables.

 

Le plan de rotation

La rotation des cultures peut se faire sur 3, 4, voire 6 ans pour les plus grands terrains, avec la possibilité d’intercaler un engrais vert.

Chaque groupe occupe une parcelle. Dans chacune de ces sections, les lignes de cultures sont organisées à favoriser les bons voisinages. Le groupe d’une parcelle migre chez son voisin d’année en année.

Certaines parcelles peuvent accueillir plusieurs cultures sur une saison.

D’une manière générale, il faut éviter d’avoir des périodes avec un sol nu entre les cultures car les cultures favorisent la vie biologique du sol et limitent l’érosion en stabilisant celui-ci. On peut y remédier en semant un engrais vert, en paillant le sol (feuilles mortes, fougères…). Le premier enrichit le sol en matières organiques (surtout en azote pour les légumineuses) et le paillis empêche la prolifération des adventices.

Voici des modèles à appliquer pour que la rotation des cultures ne devienne pas vite un casse-tête. Le jardin est divisé en plusieurs parcelles suivant la durée de la rotation.  On peut travailler en lignes ou en carrés (plus simples afin d’éviter les oublis).

  • Rotation sur 3 ans

Le jardin est divisé en 3 parcelles qui se suivront d’une année à l’autre de cette façon :

  • Rotation sur 4 ans

Année 1 :
Parcelle 1 : engrais vert, légumineuses (plantes améliorantes)
Parcelle 2 : légumes « feuilles » (bénéficient de l’azote apporté par les légumineuses dans les couches superficielles du sol)
Parcelle 3 : légumes « racines », « bulbes » (vont chercher les nutriments en profondeur)
Parcelle 4 : légumes « fruits » (comme ils sont gourmands, on peut leur faire bénéficier d’un apport en compost mûr)

Année 2 :
Les cultures de la section 4 se feront sur la section 3 ; celles de la 3 sur la 2, la 2 sur la 1 et la 1 sur la 4

Chaque année on poursuivra cette rotation d’un quart de tour.

Un autre schéma possible :
Parcelle
1 : légumes « feuilles »
Parcelle 2 : légumes « racines »
Parcelle 3 : engrais vert, légumineuses
Parcelle 4 : légumes « fruits », légumes « bulbes »

Chaque année on remonte la parcelle d’une unité.

À noter que les légumes peu gourmands peuvent supporter de revenir tous les 2 ans au même endroit. La plupart des autres demandent un délai de 3 à 4 ans. C’est pourquoi le modèle classique est basé sur une rotation de 4 ans.

  • Rotation sur 6 ans

Année 1 :
Parcelle 1 : plantes améliorantes
Parcelle 2 : plantes de la hernie du chou
Parcelle 3 : légumes « feuilles »
Parcelle 4 : légumes « fruits »
Parcelle 5 : légumes « racines »
Parcelle 6 : pommes de terre

Année 2 :
La parcelle 6 remplace la parcelle 5, qui remplace la parcelle 4, qui remplace la parcelle 3…

Chaque année on remonte donc d’une parcelle.

Remarque 

Certains jardins ne se prêtent pas à la rotation annuelle des cultures pour différentes raisons : culture de plantes vivaces ou bisannuelles, zone humide, mauvaise exposition au soleil, jardin trop petit, etc…

Les plantes vivaces qui se cultivent plusieurs années au même endroit seront cultivées en bordures tels les fraisiers, artichauts, rhubarbe, certaines plantes aromatiques…

Dans le cas d’un petit potager, le principe de la rotation est difficile, voire impossible quand le nombre de légumes différents est important. Dans ce cas, si on ne veut pas que le sol s’épuise vite, il faut apporter régulièrement de la matière organique par différentes techniques : paillis, compostage en surface, apport de compost plus ou moins décomposé (les courges et les tomates supportent un compost à moitié décomposé), culture d’engrais verts rapides en culture intercalaire au cours de la saison, éventuellement mise en jachère…

Rédigé par minique

Publié dans #jardin

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