le coin des debutants

Publié le 19 Juin 2021

Le rempotage est un soin indispensable, qu’il ne faut pas oublier et qui doit être réalisé avec certaines précautions, afin de conserver de belles plantes.

Pourquoi rempoter ?

Le rempotage doit être effectué pour deux raisons. La première est qu’au fil du temps le substrat de nos plantes se dégrade et se décompose suite aux arrosages, avec comme conséquence une destruction des racines. Ensuite, il permet à la plante de retrouver un « espace vital » plus adapté aux racines, que la plante se soit trop développée avec beaucoup de racines ou ait des racines pourries. Il importe cependant de limiter autant que possible les rempotages ; certaines orchidées les tolérant très mal.

Quand rempoter ?

Le moment idéal pour rempoter une plante est celui où la plante se trouve en période végétative très active.

Pour les orchidées sympodiales (celles qui se développent en formant des pseudo-bulbes : Cattleya, Dendrobium, Cymbidium, etc.) : lors du démarrage des nouvelles pousses à la base des pseudo-bulbes avant que la plante n’émette de nouvelles racines.

Pour les orchidées monopodiales (celles qui ont une seule tige qui grandit au fil du temps : Phalaenopsis, Vanda, Angraecum, etc.) : lors de l’apparition de nouvelles racines ou éventuellement d’une nouvelle feuille.

Il ne faut jamais rempoter une plante qui est en fleurs ou sur le point de fleurir car le stress engendré par le rempotage peut faire avorter la floraison. De même, il est préférable d’éviter de rempoter les plantes durant la période de novembre à la mi-février quand les jours sont les plus courts.

Les plantes seront rempotées tous les 2-3 ans sauf les jeunes plantes et les Paphiopedilum qui seront rempotés tous les ans.

Les signes qu’il faut regarder pour savoir si une orchidée a besoin d’être rempotée sont :

  • Un pot trop petit par rapport au développement racinaire avec des racines qui se développent en dehors de celui-ci.
  • Le développement de pseudo-bulbes en dehors du pot ou contre le bord de celui-ci.
  • Un substrat mal adapté à la culture habituelle et trop difficile à gérer (laine de roche, tourbe, etc.).
  • Une plante dont les racines sont en mauvais état sanitaire ou devenues trop peu nombreuses par rapport à la taille du pot quand la plante émet de nouvelles racines ou un nouveau pseudo-bulbe.

Il faut toujours vérifier la nature et l’état du substrat après l’achat d’une plante. Lors de celui-ci il est souvent difficile de savoir la date du dernier rempotage. Si la plante ne présente pas de signes qui justifient un rempotage urgent, on peut considérer que celui-ci remonte à environ 1 an. Souvent, des plantes acquises en jardinerie sont installées dans de la tourbe pure et il est donc prudent de les rempoter (en fonction de l’avancement de la floraison).

S’il y a urgence à rempoter, mais que l’état sanitaire de la plante ou que la saison ne le permet pas, il y a la possibilité de mettre, transitoirement en attendant un meilleur moment, son pot dans un second pot plus grand et de remplir l’espace entre les deux pots avec un substrat approprié.

Choisir son substrat

Dans la nature les orchidées poussent dans des milieux extrêmement diversifiés. La plupart d’entre-elles, celles appelées épiphytes, vivent accrochées aux troncs et aux branches des arbres qu’elles n’utilisent que comme support. Cela permet aux racines de respirer, de profiter de la pluie et de l’humidité ambiante. Ces orchidées puisent leur nourriture dans les débris organiques (essentiellement végétaux) dispersés par le vent et la pluie dans les anfractuosités des écorces. C’est ce qu’il faut essayer de reproduire en culture. Le substrat du pot n’est pas là pour nourrir la plante (ce sont les engrais qui servent à remplir ce rôle) mais pour maintenir un niveau d’humidité autour des racines tout en permettant une bonne circulation d’air.

En pratique, professionnels et amateurs finissent par inventer leurs propres substrats.

Substrats à base d’écorces

Ils sont composés essentiellement de morceaux d’écorces de pins (80 à 90%) avec de l’argile expansé, un peu de polystyrène, de la mousse synthétique, etc. et répondent très bien aux besoins des plantes. Ce sont eux les plus adaptés pour cultiver les orchidées dans nos intérieurs : ils retiennent raisonnablement l’eau des arrosages qui peut s’écouler rapidement sans stagner, l’air circule bien autour des racines, ils ne se dégradent pas trop vite.

Les écorces peuvent être utilisées pures mais il faut faire attention à choisir la bonne granulométrie.

Sphagnum

La sphaigne est recommandée pour les orchidées qui apprécient un substrat constamment humide. Elle régule naturellement les excès d’eau des arrosages et a des propriétés antiseptiques. Elle peut être mélangée à un substrat à base d’écorces de fine granulométrie (moitié-moitié). Elle demande des apports d’engrais foliaires et des rempotages fréquents (tous les 6 à 12 mois). Utilisée pure, elle stimule très bien l’apparition de nouvelles racines et de nouvelles pousses. Elle est donc recommandée lorsqu’une plante a son système racinaire détérioré, le temps du redémarrage de la végétation. Elle est aussi idéale pour faire démarrer des plantules lors de leur sortie de flacon. Celle trouvée dans le commerce provient de Nouvelle-Zélande ou du Chili sous forme de blocs séchés et compactés. Il faut bien la mouiller et l’essorer ensuite avant de l’utiliser.

Laine de roche

La laine de roche demande de la part des particuliers une bonne expérience en matière d’arrosages. D’une part, sa capacité à absorber et retenir l’eau peut favoriser un risque de pourriture des racines ; d’autre part, lorsqu’elle est sèche, elle peut absorber l’eau contenue dans les racines et engendrer une déshydratation de la plante. Comme elle est compacte, elle peut entraver la respiration au niveau des racines. Elle demande également quelques précautions de manipulation dont le port d’un masque et de gants. Elle peut être utilisée pure ou mélangée à un substrat à base d’écorces de fine granulométrie. Elle convient bien aux Paphiopedilum, Phragmipedium, Lycaste et Cymbidium.

Tourbe (blonde ou brune)

Difficile à garder humide (souvent trop mouillée ou trop sèche), la tourbe a, de plus, le désavantage de retenir les sels contenus dans les engrais et de ce fait risque d’occasionner des brûlures aux racines sauf si on utilise un engrais foliaire et que l’on rince bien le substrat à l’eau claire entre chaque fertilisation. Quand elle est trop compacte, elle n’assure pas une aération suffisante des racines et ne plait donc pas aux orchidées épiphytes. Par contre, elle peut être recommandée pour la culture des orchidées terrestres ou semi-terrestres qui apprécieront sa propension à retenir l’eau.

Fibre de coco

Elle peut être utilisée à la place ou en complément du Sphagnum. Elle joue un rôle similaire mais, néanmoins, avec un pouvoir d’absorption de l’eau un peu plus faible.

Lave (pouzzolane), tessons en terre cuite, argile expansée

Ces matières conviennent très bien à la culture dans les zones tropicales où l’atmosphère est saturée en humidité car elles évitent les problèmes de pourritures. Chez nous, elles sont ajoutées au substrat de base ou dans le fond du pot pour assurer un meilleur drainage. Elles ont l’avantage de favoriser le développement des racines à l’intérieur du pot.

Charbon de bois non traité

Attention, ici nous parlons de charbon de bois non traité et pas d’un charbon de bois traité comme celui utilisé pour les barbecues car celui-ci brûle les racines.

Ajouté au substrat de base, il est un excellent antiseptique qui permet de lutter contre la pourriture des racines et de prévenir une éventuelle infection bactérienne. Il est recommandé pour la culture d’orchidées qui demandent des arrosages fréquents et des substrats assez compacts.

Bouchons de liège

Ils peuvent être récupérés sur des bouteilles de vin car le tanin semble plaire aux orchidées. Ils peuvent être coupés en deux et mélangés au substrat de base. Ils plaisent bien aux Vanda et aux Phalaenopsis.

Terreau de feuilles

Il est possible d’ajouter 10 à 20% de terreau de feuilles ou de feuilles hachées de chêne, par exemple, au substrat de rempotage d’orchidées semi-terrestres gourmandes en engrais et ayant un fort développement.

En bref

Les qualités recherchées pour avoir un bon substrat sont :

  • Sa capacité à retenir l’eau en fonction des besoins de la plante.
  • Sa capacité à assurer un bon drainage afin d’éviter un risque de pourriture des racines.
  • Sa capacité à permettre une bonne circulation d’air autour des racines afin de permettre la respiration de celles-ci.
  • Sa capacité à faciliter l’adhérence des racines au support ou aux composants du substrat lui-même.
  • Sa résistance à la dégradation afin que le substrat puisse garder le plus longtemps ses propriétés d’origine et éviter de par là même une fréquence trop importante des rempotages.
Choisir le contenant
La composition du pot

Les professionnels ont abandonné l’usage des pots en terre cuite au profit des pots en plastique (de couleur ou transparents) pour des raisons pratiques (poids, maniabilité, arrosages plus fréquents, etc.) et économiques mais rien ne vous empêche d’employer des pots en terre cuite. Ceux-ci présentent de nombreux avantages. D’abord ils sont esthétiques et bien stables. Ils permettent également une meilleure respiration des racines et limitent les excès d’arrosages. Ils protègent les racines des excès de chaleur, ce qui convient très bien aux orchidées de serre froide. Par contre, ils sont plus chers que les pots en plastique et, du fait de leur meilleur drainage, demandent des arrosages plus fréquents. Ils retiennent également les sels contenus dans les engrais ce qui peut entrainer un risque de brûlures des racines et les racines adhèrent très fort à leurs parois et peuvent être fortement endommagées lors des rempotages.

Les pots en plastique transparents, quant à eux, ont l’avantage de permettre de voir au travers l’état sanitaire d’un certain nombre de racines et leur besoin en eau mais ils présentent l’inconvénient de favoriser le développement d’algues si aucun cache-pot n’est utilisé. À noter que les pots de couleur foncée retiennent plus la chaleur que les pots plus clairs, ce qui peut devenir gênant en été.

Pour donner un aspect plus naturel, on trouve aujourd’hui sur le marché des pots en fibres de noix coco compressées.

Pour les orchidées qui ne supportent pas d’avoir leurs racines enfermées dans un pot ainsi que pour celles dont la hampe florale démarre dans le substrat, il existe des paniers ajourés soit en plastique, soit sous forme de clayettes en bois. Il est possible également de les fabriquer soi-même à partir de grillage à larges mailles.

Quel que soit le pot choisi, il doit permettre un bon écoulement de l’eau.

La taille

Il ne faut pas oublier que dans la nature la plupart des orchidées se passent de substrat et qu’ainsi en culture elles pourraient très bien se passer de pot dans des conditions optimales de culture (hygrométrie de 70 à 80%, par exemple).

Le plus important est que la taille du pot soit proportionnelle au volume des racines et pas à celui de la plante.

Un pot d’un diamètre supérieur de 1 à 2 cm au pot précédent, pour une plante qui n’a pas perdu de racines, est suffisant. Il faut penser qu’au plus le pot est grand, au plus le volume de substrat est important et au plus les racines doivent être nombreuses afin d’absorber rapidement l’eau contenue dans celui-ci. Avec moins de racines, dans un tel pot, la plante consommera moins l’eau des arrosages et un risque de pourriture n’est pas exclu.

Une ou plusieurs plantes dans le pot ?

Il faut, de préférence, installer une seule plante par pot. En effet, les besoins des plantes peuvent différencier au cours de l’année et si une d’entre elles tombe malade, placées dans un même pot, on se retrouve avec un risque de contamination important. Par contre, il est permis de regrouper plusieurs plantes, installées chacune dans un pot particulier, dans un grand contenant (panier, coupe, etc.) car dans ce cas il est possible de retirer une plante dès que l’on s’aperçoit d’un problème sanitaire.

Comment rempoter ?
Avant le rempotage

Préparez à l’avance tout le matériel nécessaire : substrat, pots, sécateur, poubelle, de quoi stériliser votre sécateur entre chaque plante (briquet, petit réchaud à gaz), bain fongicide éventuel, etc.

Humectez le substrat et laissez-le reposer quelques heures pour qu’il soit à température ambiante et que ses composants aient le temps de bien s’imprégner d’eau.

La préparation de l’orchidée

Désinfectez les lames du sécateur à la flamme (cette opération doit être effectuée entre chaque plante).

Coupez les hampes florales, supprimez les vieilles feuilles.

Prenez la plante et maintenez-la au-dessus de la poubelle. Sortez-la du pot en tapant le pot brutalement contre le rebord de la table si nécessaire. Si les racines adhèrent au pot et que vous ne parvenez pas à retirer la plante, cassez ou coupez le pot.

Otez la totalité du vieux substrat tout en démêlant le plus possible les racines.

Eliminez les racines qui sont mortes, abîmées ou cassées. Raccourcissez les plus longues de quelques cm. Profitez de cette opération pour retirer les vieux pseudo-bulbes des orchidées sympodiales en sectionnant le rhizome à leur base ou pour diviser, éventuellement, votre plante (chaque division doit comporter au moins 4 ou 5 pseudo-bulbes vigoureux). Coupez la base des tiges dégarnie de racines des plantes monopodiales.

Un rapide trempage des racines dans une solution fongicide peut être fait après cette opération car il élimine le risque de pourriture.

Pour que les petites plaies occasionnées aux racines aient le temps de cautériser, attendez quelques heures (8 à 24h) avant de procéder à la mise en pot.

La mise en pot

Si les racines de l’orchidée sont trop sèches et cassantes, assouplissez-les en les trempant dans l’eau pendant 10 à 20 minutes avant la mise en pot.

Prenez un pot d’une taille correspondant au volume des racines.

Tapissez éventuellement le fond de billes d’argile, de pouzzolane ou de morceaux de polystyrène afin d’améliorer l’écoulement de l’eau. Recouvrez-le d’un peu de substrat.

D’une main, maintenez la plante au-dessus du pot et faites descendre, de l’autre main, les racines dans celui-ci. S’il s’agit d’une plante monopodiale, centrez-la dans le pot. S’il s’agit d’une orchidée sympodiale, placez la plante de manière à ce que les jeunes pousses soient à distance du bord. Veuillez à ce que les racines soient bien écartées les unes des autres. Le collet de votre plante (c’est-à-dire le point de jonction des racines et de la tige) ou les nouvelles pousses doivent arriver à environ 1 ou 2 cm du bord supérieur du pot.

Remplissez le pot de substrat en le faisant bien passer entre les racines. Pour finir, prenez le pot à deux mains en maintenant la plante et tapotez le fond de celui-ci sur votre plan de travail afin que le substrat passe bien entre tous les interstices. Rajoutez si besoin un peu de substrat. Vérifiez que la plante soit bien stable dans le pot afin de favoriser un meilleur enracinement.

Il est parfois nécessaire de tuteurer la plante pour la maintenir en place (et minimiser le risque de détérioration des jeunes racines) ou la diriger correctement. Par exemple, si l’orchidée a une certaine hauteur (Cattleya, Laelia, Vanda, etc.) ou si son feuillage est très important par rapport au volume de ses racines. Pour les orchidées monopodiales, le tuteur est mis contre la tige afin d’assurer son développement vertical. Il est enfoncé jusqu’au fond du pot et fixé à la plante par des liens. Pour les orchidées sympodiales, il faut faire attention à ne pas blesser les jeunes pousses, ni gêner leur croissance. Le plus simple est de le placer contre un ancien pseudo-bulbe. Plusieurs tuteurs sont parfois nécessaires.

Si la plante a perdu presque toutes ses racines, il est possible de la maintenir dans le pot avec un fil de fer souple enrobé de plastique et plié en deux (façon pince à chignon).

Pensez à étiqueter chaque plante en indiquant son nom et éventuellement la date du rempotage.

Après le rempotage

Le rempotage représente un stress pour la plante et il lui faudra quelques semaines pour récupérer et cicatriser d’éventuelles blessures au niveau des racines.

Il faut, dans un premier temps, éviter d’arroser la plante pendant 2 à 3 semaines car si les plaies encourues lors du rempotage sont mouillées, elles risquent de s’infecter (bactéries, champignons) et de pourrir. La fertilisation ne sera reprise qu’après environ 1 mois lorsque les nouvelles racines mesurent de 3 à 5cm.

Pour compenser cette absence d’arrosage, il est nécessaire de faire des vaporisations quotidiennes, de préférence le matin, sur la surface du substrat afin d’humidifier le premier cm de substrat qui est l’endroit où les nouvelles racines vont apparaître. On peut éventuellement vaporiser l’envers des feuilles (là où se trouvent les stomates).

La plante doit être maintenue dans un endroit lumineux à l’abri du soleil direct et des fortes chaleurs.

De légers bassinages (passages d’eau rapide à la surface du substrat) peuvent être faits pour des plantes qui détestent la sècheresse autour de leurs racines (Paphiopedilum, Phragmipedium, etc.).

En résumé
  • Ne rempotez pas vos plantes lors de la floraison ni en hiver.
  • Supprimez les racines mortes, abîmées ou trop nombreuses.
  • Rempotez vos plantes dans des pots au volume adapté à celui des racines.
  • Utilisez un substrat adapté aux orchidées.
  • Ne reprenez pas directement les arrosages.
Sources
  • BELLONE (Roger), Orchidées Guide de l’amateur, éditions Belin, Paris, 2004.
  • BERT (Isabelle), Orchidées Mode d’emploi – Pour bien choisir et cultiver toutes les orchidées, éditions Ulmer, Paris, 2006.
  • LECOUFLE (Françoise et Philippe), DUMONT (Vinciane), GARNAUD (Valérie), DESCOURVIERES (Pascal), La traité Rustica des orchidées, éditions Rustica, Paris, 2011.
  • LECOUFLE (Marcel), Le traité des Orchidées, éditions Artémis, Chamalières, 2005.

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Rédigé par minique

Publié dans #orchidées, #Le coin des débutants

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Publié le 5 Novembre 2020

L’eau est vitale pour les orchidées car elle véhicule les substances nutritives qui leur sont nécessaires. De plus elle participe à la photosynthèse, à la structure de leurs cellules, etc.

Dans les régions équatoriales et tropicales, la plupart des orchidées sont épiphytes. Elles ont de longues racines aériennes qui absorbent rapidement l’eau des pluies, des brouillards et de l’atmosphère. La structure de ces racines empêche ensuite l’eau de ressortir. Ces racines ont aussi besoin de respirer. C’est pourquoi elles doivent s’assécher rapidement grâce à une bonne ventilation. Si une pellicule d’eau les recouvrait en permanence, cette fonction de respiration ne pourrait pas se maintenir.

L’eau

La qualité de l’eau

À l’exception de quelques espèces (orchidées terrestres et semi-terrestres comme les Paphiopedilum, les Cymbidium), les orchidées doivent être arrosées avec une eau faiblement minéralisée. En effet, le calcaire ne pourra pas être absorbé par la plante et s’accumulera sur les racines et les feuilles. Il finira par asphyxier la plante.

La meilleure eau pour les plantes est l’eau de pluie stockée à l’abri de la lumière. Elle peut éventuellement être oxygénée artificiellement.

Cette eau de pluie peut être remplacée (si vous n’avez que quelques plantes) par certaines eaux de source faiblement minéralisées comme l’eau de Volvic ou une autre eau ne contenant qu’une dizaine de mg de calcium par litre (lisez bien les étiquettes).

L’eau utilisée par les aquariophiles est l’eau osmosée. C’est une eau filtrée à l’aide d’une membrane perforée de minuscules trous (de l’ordre de 0,0001 micron). Comme elle est dépourvue de minéraux et d’oligo-éléments, elle ne peut servir que pour brumiser les plantes ou n’être utilisée pure qu’à titre exceptionnel. Par contre elle peut être mélangée à 50% avec de l’eau de ville ; ce qui permet de neutraliser les excès de l’une et les carences de l’autre.

Les filtres à charbon des carafes de type « Brita » sont de bonnes alternatives. Ils suppriment le calcaire et le chlore de l’eau de ville et peuvent très bien servir à l’arrosage de vos plantes.

En résumé

  • Sauf quelques exceptions, les orchidées ne tolèrent pas le calcaire.
  • Les eaux à utiliser sont l’eau de pluie, l’eau de Volvic, l’eau de ville non calcaire, l’eau filtrée sur charbon, l’eau osmosée associée à de l’eau de pluie.
  • N’utilisez jamais de l’eau déminéralisée ou de l’eau distillée (insuffisamment riche) ni une eau adoucie (trop salée).
Les arrosages

L’arrosage doit être un moment privilégié où vous inspectez vos plantes afin d’estimer leur besoin en eau et, éventuellement, découvrir un problème de culture.

Le mode d’arrosage

Un bon arrosage doit être abondant et suffisamment long pour que l’eau puisse ressortir par les trous de drainage du pot ou par le fond du panier. L’idéal est d’utiliser une pomme d’arrosoir qui diffuse lentement l’eau dans le substrat.

L’eau doit être à température ambiante car l’eau froide choque les racines de l’orchidée qui ne pourront commencer à absorber l’eau que lorsqu’elles se seront réchauffées.

Lors de l’arrosage, veillez à ne pas mouiller les jeunes feuilles ou les jeunes pousses qui pourraient pourrir rapidement. De même les Phalaenopsis ne supportent pas que de l’eau stagne longtemps dans leur cœur.

Après l’arrosage, il vous faut vérifier que le fond du pot de votre plante ne soit pas en contact direct avec l’eau pour éviter la pourriture des racines.

Arrosage par le dessus du pot

Arroser pendant une dizaine de secondes tout autour de la plante permet au substrat de bien s’imprégner d’eau jusqu’au prochain arrosage et permet également de bien rincer les racines d’un éventuel dépôt de sels suite à l’apport d’engrais car l’accumulation de ceux-ci finit par étouffer les racines.

Arrosage par trempage

Ce type d’arrosage, dans une bassine, n’est possible que si vous ne possédez que quelques plantes car il vous faudra changer d’eau après 2 ou 3 plantes afin d’éviter toute transmission de maladie ou de nuisibles. Pour le faire, il faut immerger le pot des plantes au 2/3 pendant 4 à 5 minutes. Vous pouvez également faire tremper vos plantes directement dans leur cache-pot que vous viderez par la suite en prenant bien soin de laisser égoutter vos pots.

Le cas des orchidées montées sur plaque

Ces orchidées doivent être arrosées tous les jours, et parfois plusieurs fois par jour quand il fait chaud et sec. Si la plante demande une période de repos, elle devra être respectée. L’arrosage doit durer quelques secondes, le temps que les racines puissent reverdir, preuve qu’elles absorbent bien l’eau.

La fréquence des arrosages

La fréquence des arrosages est déterminée par de nombreux facteurs :

  • La température et la luminosité : plus elles sont élevées, plus les plantes consomment l’eau des arrosages.
  • L’humidité ambiante : au plus elle est élevée, au moins la plante absorbe l’eau lors des arrosages.
  • La saison et le stade de végétation : quand les jours sont plus courts, les plantes consomment moins d’eau ; les jours ensoleillés demandent plus d’arrosages que les jours de pluie. En période de croissance les plantes demandent plus d’eau. Certaines espèces ont besoin d’une période de repos où les arrosages seront limités.
  • Le type d’orchidée : d’une part, les espèces sans pseudobulbes n’ont pas d’organe de réserve et doivent être arrosées plus souvent ; d’un autre côté, l’épaisseur du vélamen détermine le rythme des arrosages. Le vélamen c’est cette enveloppe protectrice qui entoure la racine à proprement parlé (le fin fil central quand vous sectionnez une racine). Il a une fonction d’éponge qui stocke l’eau. Au plus il est épais, au plus la plante pourra faire des réserves d’eau, au plus vous pourrez espacer les arrosages. En bref, les orchidées qui ont de fines racines (Oncidium, Odontoglossum, Miltonia, Paphiopedilum, etc.) doivent être arrosées plus fréquemment que celles qui ont des racines plus épaisses (Phalaenopsis, Cattleya, Vanda, etc.)
  • La qualité et la granulométrie du substrat : la sphaigne et la laine de roche retiennent beaucoup plus d’eau que les écorces de pin. Au plus la granulométrie est fine, au plus elle conserve l’humidité.
  • Le volume du pot : au plus le pot est petit, au plus le substrat sèche vite.
  • Le type de contenant : les paniers ajourés et les pots en terre cuite retiennent moins l’eau que les pots en plastique.

Le moment pour arroser

Les plantes devront être arrosées en fonction de leurs besoins. Il est difficile d’établir un calendrier des arrosages. De bons arrosages doivent être assez espacés pour éviter que le substrat des plantes reste détrempé en permanence.

Avant d’arroser vous pouvez vérifier si le substrat est suffisamment sec en y enfonçant un doigt afin de préciser son degré d’humidité. Beaucoup d’orchidophiles déterminent au poids de leur plante le moment où l’orchidée doit être arrosée. Prenez donc l’habitude de soupeser le poids du pot après un arrosage. Vous constaterez qu’après quelques jours le pot est nettement plus léger. C’est à ce moment qu’il faut arroser. L’expérience venant, vous n’aurez plus besoin d’estimer le poids de vos pots.

Pour des orchidées comme les Phalaenopsis c’est facile : tant que les racines à l’intérieur du pot sont vertes, elles sont gorgées d’eau ; lorsque l’eau disparait du pot, elles deviennent grises. C’est le moment de les arroser à nouveau.

Comme la lumière, la température et l’hygrométrie jouent un rôle dans l’absorption de l’eau, il est préférable d’arroser vos plantes au matin. Si vous arrosez le soir, les plantes ne pomperont pas l’eau et leurs racines risquent de pourrir.

Après un rempotage n’arrosez plus pendant quelques semaines. Laissez le temps aux racines de cicatriser. Vaporisez seulement la surface du substrat.

L’arrosage au cours de l’année

Des orchidées comme les Phalaenopsis, les Vanda, les Aerangis, etc. doivent être arrosées toute l’année. D’autres comme les Dendrobium, les Lycaste, les Thunia sont des genres originaires de contrées qui subissent une alternance de saisons sèches et pluvieuses. Lors des saisons sèches, les plantes entrent en repos. Elles ne reconstitueront leurs réserves que plus tard à la nouvelle saison des pluies. Ces plantes demandent également en culture une période de repos avec un espacement, voire un arrêt complet, des arrosages. Cette période de repos doit être compensée par une bonne hygrométrie (minimum 75%).

La déshydratation

Causes

Une plante peut se déshydrater pour plusieurs raisons : un manque d’humidité, une erreur dans les arrosages (trop ou trop peu), une eau trop minéralisée qui bouche les stomates, une source de chaleur trop importante à proximité.

Les conséquences d’un excès d’arrosage sont plus graves que celle d’une insuffisance d’eau car la plante saturée d’eau n’arrive plus à l’absorber. Les racines pourrissent et ne peuvent plus assurer l’hydratation de la plante qui finit par se déshydrater et mourir.

Symptômes

Les feuilles se rident et perdent de leur tonicité. Elles deviennent molles. Les pseudobulbes se rident.

Traitement

Si la cause est un manque d’eau, il suffit de reprendre les arrosages en utilisant la technique d’immersion partielle du pot.

Si, au contraire, la déshydratation est due à un excès d’arrosages, il faudra les stopper tout en maintenant une bonne hygrométrie autour de la plante jusqu’à l’apparition de nouvelles racines. C’est à ce moment que les arrosages doivent être repris graduellement.

Si l’eau contenait trop de calcaire et de minéraux, il faut nettoyer chaque feuille à l’aide d’un chiffon imprégné d’eau déminéralisée pour retirer tous les dépôts.

Sources
  • BELLONE (Roger), Orchidées Guide de l’amateur, éditions Belin, Paris, 2004.
  • BERT (Isabelle), Orchidées Mode d’emploi – Pour bien choisir et cultiver toutes les orchidées, éditions Ulmer, Paris, 2006.
  • LECOUFLE (Françoise et Philippe), DUMONT (Vinciane), GARNAUD (Valérie), DESCOURVIERES (Pascal), La traité Rustica des orchidées, éditions Rustica, Paris, 2011.

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Rédigé par minique

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Publié le 3 Novembre 2020

Dans la nature

La lumière est source d’énergie pour les plantes.  En effet, leurs pigments chlorophylliens captent l’énergie lumineuse afin de réaliser la photosynthèse. Celle-ci permet de fabriquer les hydrates de carbone dont les plantes ont besoin à partir d’eau et du gaz carbonique présent dans l’air.

Les orchidées apprécient les situations lumineuses ; certaines plus que d’autres. Par exemple, les Oncidium et les Vanda poussent dans la nature en des endroits où ils peuvent profiter du soleil direct. D’autres comme la plupart des Bulbophyllum ou des Maxillaria se retrouvent à l’ombre des forêts plus ou moins denses. Mais attention : dans les régions tropicales, la lumière est souvent atténuée par un voile atmosphérique. De plus les mouvements de l’air empêchent l’échauffement des feuilles. C’est pourquoi les orchidées qui vivent en plein soleil dans leur habitat naturel ne supportent pas forcement le soleil direct derrière une vitre.

En culture

La première exigence d’une orchidée pour refleurir est la lumière. L’idéal est de placer vos plantes le plus près possible de la source principale de lumière de votre pièce (face à une fenêtre, sous un velux, etc.) en respectant une distance d’environ 25 cm et jamais à plus d’un mètre car dès que vous éloignez vos plantes de celle-ci l’effet de la lumière s’atténue très vite même s’il vous semble que la pièce est très lumineuse. Une plante installée à 1,5m d’une fenêtre reçoit 2 fois moins d’intensité lumineuse qu’une plante posée à 30cm de celle-ci. Derrière une première rangée de plantes, vous pouvez en placer d’autres plus grandes ou moins exigeantes en luminosité. Mais n’oubliez pas qu’au plus vous aurez de plantes sur le rebord des fenêtres, au moins vous aurez de lumière dans la pièce. Les plus forts ensoleillements sont près des vitres côté sud et sud-est et les plus faibles, côté nord. Les voiles, les stores vénitiens, les volets d’ombrage permettent de moduler la lumière. Les fenêtres au Nord accueilleront les plantes moins exigeantes en lumière ou celles qui préfèrent plus de fraîcheur en été (Phalaenopsis, Paphiopedilum, Masdevallia, Odontoglossum, Lycaste, Phragmipedium, etc.). Se plairont au Sud, avec une possibilité d’ombrage, les Cattleya, Oncidium, Angraecum, etc. Il n’y a que l’Est sans risque de brûlures pour vos plantes qui profitent de la lumière du matin. Et puis, sachez que vos orchidées peuvent être installées au milieu d’une pièce sans dommage pendant 2 à 3 semaines, le temps de profiter de leur floraison par exemple. Ensuite il faudra les placer dans un endroit qui leur conviendra mieux. Pensez aussi à exposer à la lumière le collet de vos plantes là où les jeunes pousses se forment en évitant des cache-pots trop profonds et en ne plaçant pas vos pots sous le niveau de la fenêtre.

Certains orchidophiles mesurent la lumière reçue par leurs plantes grâce à un luxmètre ou avec un appareil photo. Si vous pouvez mesurer la luminosité, notez que la majorité des orchidées apprécient une intensité lumineuse comprise entre 10.000 et 30.000 lux.

En période végétative, plus la lumière est intense, plus les plantes absorbent rapidement l’eau et demandent une fertilisation ce qui leur permet de croître et de fleurir. A l’inverse, quand une plante manque de lumière (mauvais emplacement, mauvais temps) sa croissance ralentit et elle demande moins d’eau.

Manque de lumière

Un manque de lumière peut se traduire par un verdissement accentué du feuillage avec des feuilles plus foncées, plus ternes et souvent plus molles, un étiolement des feuilles, une absence de floraison ou la chute des boutons floraux, un ralentissement de la croissance de la plante ou la pourriture des racines par excès d’arrosage.

Excès de soleil

Le soleil peut provoquer des brûlures graves du feuillage à certaines heures de la journée. Il faudra prévoir un ombrage aux heures les plus chaudes de la fin février à la mi-octobre environ. Chez les orchidées à feuilles épaisses et rigides (Cattleya, Vanda, Cymbidium) la brûlure apparaît soudainement sous forme d’une tache marron sur la feuille. Celle-ci peut apparaître parfois suite à quelques heures d’exposition directe. Cette tache deviendra blanche en son centre avec un anneau brun périphérique. Elle ne s’étendra pas comme en cas d’infection bactérienne mais elle ne disparaitra pas et la plante gardera cette tache disgracieuse. Chez les orchidées au feuillage plus fin comme les Oncidium, Odontoglossum, Miltonia et les Phalaenopsis, le feuillage se met à rougir en cas d’exposition brutale au soleil. Il sera nécessaire de déplacer les plantes car elles risquent de se déshydrater et de mourir. Quand l’exposition est plus progressive, le feuillage s’éclaircit graduellement. Les dégâts peuvent alors être aussi dommageables si les plantes ne sont pas protégées du soleil. Si vous avez un doute, touchez les feuilles : elles ne doivent pas être chaudes.

La lumière artificielle

La culture sous éclairage artificiel peut être très utile pour pallier un manque de lumière naturelle en hiver au par mauvais temps. Elle est indispensable si la luminosité de la pièce est insuffisante. Il est d’ailleurs possible de cultiver des orchidées uniquement sous lumière artificielle sans aucun apport de lumière naturelle. Cet éclairage artificiel doit correspondre aux besoins des plantes et se rapprocher du spectre lumineux solaire. Pour la photosynthèse les plantes ont besoin des radiations rouges et bleues du spectre lumineux plus de bleu que de rouge pour la croissance et un spectre tirant vers le rouge pour la floraison. Il est possible d’utiliser des néons traditionnels 36W en choisissant des modèles adaptés aux ambiances humides (salle-de-bain, extérieur) pour des orchidées peu gourmandes en lumière. Les tubes fluo-compacts sont plus puissants et permettent de cultiver presque toutes les orchidées. Les ampoules horticoles à économie d’énergie émettent une lumière proche du spectre du soleil. Les lampes aux halogénures métalliques (MH) produisent une lumière bleutée alors que les ampoules à vapeur de sodium à haute pression (HPS) génèrent une lumière semblable à celle de l’automne (lumière rouge). La technologie LED offre aussi de grandes possibilités. N’oubliez pas qu’il faudra bien surveiller la température (heureusement certains systèmes ne chauffent pas trop l’air ambiant), l’hygrométrie et assurer une bonne ventilation pour réussir la culture.

En bref 

  • Ne confondez pas lumière et soleil : les orchidées apprécient une bonne luminosité mais il faut se méfier du soleil direct.
  • La lumière rythme les arrosages : plus les plantes ont de la lumière, plus rapprochés seront les arrosages.
  • Soyez attentifs aux signes d’un éventuel manque ou excès de lumière.
  • Pensez à tourner les nouvelles pousses de vos plantes du côté de la fenêtre afin qu’elles profitent d’un maximum de lumière.
  • Une culture sous éclairage artificiel complémentaire ou même exclusif est possible s’il se rapproche du spectre lumineux solaire.
Sources
  • BELLONE (Roger), Orchidées Guide de l’amateur, éditions Belin, Paris, 2004.
  • BERT (Isabelle), Orchidées Mode d’emploi – Pour bien choisir et cultiver toutes les orchidées, éditions Ulmer, Paris, 2006.
  • CERVANTES (Jorge), Culture en intérieur – La bible du jardinage indoor, Mam Editions, Paris, 2012.
  • LECOUFLE (Françoise et Philippe), DUMONT (Vinciane), GARNAUD (Valérie), DESCOURVIERES (Pascal), La traité Rustica des orchidées, éditions Rustica, Paris, 2011.

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Rédigé par minique

Publié dans #Le coin des débutants

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Publié le 2 Novembre 2020

Tout commence par un Phalaenopsis hybride reçu un jour et… voilà que vous succombez à la passion des orchidées. Certains d’entre vous craignent de ne pas savoir soigner et faire refleurir leur(s) plante(s). Pourtant, les orchidées n’ont rien de magique ni de maléfique ! Pour bien les cultiver il faut apprendre à les connaître un peu. La clé de la réussite : une observation quotidienne et du bon sens.

Cette rubrique sera consacrée à vous donner quelques conseils afin de vous aider à trouver la meilleure façon d’installer et d’entretenir vos orchidées. Aujourd’hui, je vous propose d’en savoir un peu plus sur les températures optimales de culture en fonction des genres.

La température

Suivant leur provenance géographique et leur milieu d’origine, les orchidées peuvent être classifiées en orchidées de serre chaude, tempérée ou froide.

De plus, dans la nature, les orchidées sont soumises à des différences de températures entre le jour et la nuit. Elles apprécient ces écarts de quelques degrés qui favorisent l’induction de nouvelles floraisons et renforcent la santé des plantes. Donc quel que soit le climat chaud, tempéré ou froid, il faudra les soumettre à ces petits chocs thermiques (d’autant plus importants quand l’orchidée vit à des altitudes élevées).

A noter que la plupart des hybrides créés par les horticulteurs sont plus résistants et plus tolérants au niveau de la culture. Ils sont aussi, en général, plus adaptés à nos intérieurs.

Serre chaude, tempérée ou froide ?

Il n’existe pas de normes définissant le type de serre en fonction de la température mais, d’une façon générale, on peut distinguer les différents types de serre ainsi :

  • La serre chaude

En été, températures maximales et optimales :

               28°c le jour / 25°c la nuit

En hiver, températures minimales :

               17 à 25°c le jour / 17 à 20°c la nuit

Amplitude thermique entre le jour et la nuit : 2 à 5°c

  • La serre tempérée

En été, températures maximales et optimales :

               25°c le jour / 20°c la nuit

En hiver, températures minimales :

               11 à 23°c le jour / 11 à 16°c la nuit

Amplitude thermique entre le jour et la nuit : 5 à 10°c

  • La serre froide

En été, températures maximales et optimales :

               23°c le jour / 19°c la nuit

En hiver, températures minimales :

7 à 15°c le jour / 7 à 10°c le nuit

Amplitude thermique entre le jour et la nuit : au moins 10°c

Attention : une température à 35°c ou plus de façon durable est mortelle pour de nombreuses espèces de serre chaude ou tempérée alors qu’une température persistante de plus de 30°c est fatale pour des espèces de serre froide. Il faudra trouver des astuces pour éviter des températures extrêmes soit en rafraichissant la serre en été par un ombrage suivi d’une vaporisation, par exemple, car une température excessive sera moins bien tolérée quand elle s’accompagne d’une faible hygrométrie, soit en minimisant ou supprimant les arrosages si votre plante a subi des températures trop fraîches pendant un certain temps.

Les orchidées de serre chaude

 Elles sont originaires d’un climat tropical chaud. Sous ces latitudes, la température ne dépasse pas 30°c en journée et descend autour de 24-25°c la nuit. L’humidité de l’air est en permanence très élevée, presque proche de la saturation le jour.

Ces orchidées vivent très bien dans nos intérieurs moyennant une bonne luminosité et une bonne hygrométrie. C’est pourquoi il est préférable de les cultiver sur des plateaux remplis de billes d’argile maintenues humides. On y trouve les Phalaenopsis, les Vanda, les Cattleya, les Cochleanthes, les Aerangis, les Angraecum, etc.

Elles vivent très bien avec des températures de 20 à 25°c en journée accompagnées d’un minimum de 18°c la nuit. Elles se satisfont de petits écarts de température entre le jour et la nuit (2 à 5°c).

Ces plantes sont très sensibles aux courants d’air froids.

Les orchidées de serre tempérée

 Elles se retrouvent dans des zones tropicales atténuées, voire subtropicales là où les forêts tropicales chaudes et humides de plaine rencontrent les premiers contreforts montagneux. Les plantes y sont soumises à des changements de saison avec une période de climat au type tropical humide où les pluies sont abondantes (période végétative c’est-à-dire de croissance) suivie d’une période sèche en fin de mousson où les arbres perdent leurs feuilles et permettent ainsi l’exposition en plein soleil des orchidées (période de repos). On y trouve les Cattleya, les Dendrobium, les Oncidium, certains Encyclia, etc.

Ces orchidées conviennent très bien à la culture dans nos intérieurs. Cependant, elles demandent des différences de températures de 5 à 10°c entre le jour et la nuit, plus faciles à obtenir à l’extérieur. Elles pourront séjourner au jardin l’été en étant abritées du soleil aux heures les plus chaudes. Quand vous rentrerez vos orchidées, évitez de les placer près d’une source de chaleur (radiateur, cheminée, poêle, etc.) afin de leur éviter une déshydratation. Si vous n’avez pas de jardin ou de balcon pour les sortir, il suffit d’entrouvrir une fenêtre la nuit ou de déplacez vos plantes d’une pièce chaude le jour vers une pièce fraîche la nuit. En hiver, placez vos plantes derrière une fenêtre bien ensoleillée sans voilage. Il y aura à cet endroit une différence de température entre le jour et la nuit suffisante. La période de repos de vos plantes commence quand la nouvelle pousse annuelle a fini sa croissance. Les arrosages reprennent leur rythme régulier lorsqu’une nouvelle pousse commence sa croissance à la base de l’ancien pseudobulbe.

Les orchidées de serre froide

 Dans les pays tropicaux, les températures décroissent très vite avec l’altitude. L’air se charge d’humidité car les nuages viennent déverser les pluies sur les contreforts montagneux. La nuit les températures descendent parfois sous les 10°c. On y trouve les Epidendrum, les Lycaste, les Odontoglossum, les Masdevallia, les Lepanthes, les Dracula, etc. Certaines orchidées se plaisent dans ces conditions fraîches avec une période de repos durant la saison sèche comme certains Oncidium, Encyclia, Dendrobium, Rossioglossum, Maxillaria, etc.

Leur culture est généralement déconseillée pour les personnes qui ne peuvent pas sortir leurs plantes en été et dont l’habitation ne possède pas de pièce fraîche en été comme en hiver. Ces orchidées seront installées au jardin après les derniers risques de gel et rentrées en principe avant que les températures nocturnes ne descendent sous les 8 – 10°c. En période de canicule, elles pourront subir des dommages. L’idéal est de les placer dans une pièce fraîche.

En bref, ce qu’il faut retenir

  • La plupart des orchidées s’adaptent très bien aux températures de nos intérieurs.
  • Les différences de température entre le jour et la nuit induisent les floraisons. Leur amplitude est définie en fonction du type de climat (chaud, tempéré, froid).
  • Plus la température est élevée, plus les arrosages seront fréquents et inversement.
  • Si la température n’est pas adaptée à la plante, celle-ci ne refleurira pas, finira par dépérir et risque de voir son feuillage et ses racines pourrir.

Sources

  • BELLONE (Roger), Orchidées Guide de l’amateur, éditions Belin, Paris, 2004.
  • BERT (Isabelle), Orchidées Mode d’emploi – Pour bien choisir et cultiver toutes les orchidées, éditions Ulmer, Paris, 2006.
  • LECOUFLE (Françoise et Philippe), Orchidées faciles à vivre, éditions Rustica, Paris, 2005.
  • LECOUFLE (Françoise et Philippe), DUMONT (Vinciane), GARNAUD (Valérie), DESCOURVIERES (Pascal), La traité Rustica des orchidées, éditions Rustica, Paris, 2011.
  • Orchidarium.ch

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Rédigé par minique

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